Accueil
Frontpage Slideshow | Copyright © 2006-2011 JoomlaWorks, a business unit of Nuevvo Webware Ltd.

Ibuka France proteste

Ibuka France a a adressé un courrier au Président du CSA ce 24 décembre pour protester contre la profanation de la mémoire du génocide des Tutsi par la chaîne Canal+

"Monsieur le Président,

L’association pour la mémoire du génocide des Tutsi du Rwanda, Ibuka France, proteste contre la profanation de cette mémoire par la chaîne Canal+ le vendredi 20 décembre dernier dans son émission phare « Le Débarquement – Le rendez-vous en parenthèses inattendues» , dont le lien est:

Dans un dialogue entre comédiens autour d’un thé à la menthe et d’un repas, on entend dire  « Franchement, même après le génocide, ils sont encore là ces Rwandais … on te dit Génocide, Génocide, moi je trouve qu’il y en a encore un paquet en pleine forme… Fais dodo Colas mon p’tit frère Maman est en haut coupée en morceau… Papa est en bas, il lui manque un bras… ».

Pire que les mots, nous dénonçons l’ambiance de gouaillerie dans laquelle a baigné l’échange. Peut-on rire autant de la souffrance des autres ? Les tirades des comédiens et le rire du public rappellent étrangement les émissions de la fameuse Radio des Mille Collines (RTLM) à Kigali en 1994 dans lesquelles les appels aux meurtres étaient accompagnés de plaisanteries cyniques. «Il y en a encore un paquet » évoque la formule largement attribuée à la RTLM : « la fosse n’est pas encore pleine ». Quant à la berceuse macabre, elle rappelle par trop la morbidité des caricatures du bimensuel raciste Kangura.

Au nom des victimes, nous demandons :

  • au CSA de publier des excuses publiques pour son manque de vigilance
  • à la Chaîne de condamner les auteurs du scénario
  • aux pouvoirs publics de sortir d’un silence et des ambiguïtés qui sont devenus le lit d’un négationnisme public et vulgaire.

Que l’on nous comprenne bien. Nous ne sommes pas contre la liberté de création. Mais lorsque celle-ci devient le lieu d’outrage à la douleur des femmes et des hommes, il faut le dénoncer. Non, on ne peut pas tout dire. En tout cas, nous estimons qu’on ne peut pas rire de tout.

Et s’il est vrai que l’on peut apprendre en s’amusant et que l’on peut donc enseigner tout en faisant rire, il y a, dans ce cas, besoin d’un avertissement. Dans un pays où même les manuels scolaires font encore la confusion entre victimes et bourreaux du génocide des Tutsi, ce montage de scènes invraisemblables et aussi blessantes les unes que les autres, ne peut que contribuer à brouiller les pistes en faisant souffrir les rescapés encore davantage. Pourquoi cela à la veille de la vingtième commémoration ?

 Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma considération distinguée."

Marcel Kabanda

Président d’Ibuka France



 

Indignation d'Ibuka France

Ibuka France a interpelé le Ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, par un courrier datant du 18 décembre 213: 

Monsieur le Ministre,
C'est avec tristesse et indignation que nous venons d'apprendre que la prestigieuse institution du CNED enseigne depuis l’été dernier, partout dans le monde, que le génocide perpétré au Rwanda en 1994 a été commis par les Tutsi contre les Hutu.
Dans un document diffusé par cette institution le 30 juin 2013 à l’intention des professeurs intitulé « Français 3ème. Livret de corrigés », on peut lire sous le titre « Le souvenir peut permettre de déterminer les responsabilités et de rendre justice»: «A ce titre, le génocide des Hutu par les Tutsi au Rwanda illustre bien ceci [...] Le fait de raviver le souvenir en rappelant la violence des exécutions à la machette, le régime de terreur, tout cela concourt à faire en sorte qu’une prise de conscience collective de l’horreur historique se développe ». 
Le document prend ainsi délibérément le contrepied de ce qui a été déclaré comme un fait de notoriété publique par le Tribunal pénal international pour le Rwanda en 2006 : « un génocide a été perpétré au Rwanda contre le groupe ethnique tutsi".  Cette révision de l’histoire est d’autant plus grave que le manuel est une source d’enseignement pour le monde entier.
Nous sommes souvent confrontés à des courants négationnistes alliant le déni et la thèse du double génocide. Nous étions cependant loin d’imaginer qu’une institution officielle française puisse  s’en faire écho à ce point. Un manuel d’enseignement n’est pas un document qui s’élabore de n’importe quelle manière. Destiné à aider les professeurs, il doit s’appuyer sur les travaux à jour. Au regard du nombre d’ouvrages publiés en France sur le génocide des Tutsi, il est stupéfiant que l’Education nationale en soit à enseigner de cruelles erreurs ! Ce manuel qui bafoue la mémoire des victimes est une honte pour nombre de jeunes français qui, pendant ces dix dernières années, ont publié d’excellentes thèses sur ce sujet. A quelles sources le CNED a-t-il puisé  son assertion erronée ? Cette institution est-elle restée au stade de la propagande de la diabolisation des Tutsi qui a précédé et accompagné le génocide ? Quels spécialistes ont été consultés ? Le CNED ne fait pas référence à un vol à l’étalage. Un génocide n’est pas un détail de l’histoire. Le Manuel du CNED transforme en bourreaux les victimes d’un génocide ! Elles sont outrageusement offensées. Pourriez-vous vous imaginer un manuel dans lequel il serait écrit que les Juifs auraient été les auteurs de la Shoah ? Est-ce parce qu’il a été commis en Afrique contre des Africains qu’il peut être traité avec autant de désinvolture et de légèreté ? Le sujet est sérieux. Si l’on ne peut lui accorder l’attention qu’il mérite, il vaut mieux ne pas en parler.
Au nom des rescapés du génocide des Tutsi, au nom de l’humanité qui a été souillée par ce crime, au nom de la communauté des chercheurs français dont nous reconnaissons la qualité des travaux sur le sujet, nous vous demandons de :
  • retirer de la circulation la totalité de l’édition
  • publier dans un journal de référence un communiqué qui annonce ce retrait
  • mettre en place en France, un programme complet d’enseignement d’histoire des génocides, celui des Tutsi du Rwanda y compris.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de notre considération distinguée, et recevez nos meilleurs vœux pour les Fêtes de fin d’année qui approchent.

                  Marcel Kabanda
                  Président d’Ibuka France

Fichier du courrier envoyé; Réponse du Directeur général du CNED
 

Le génocide du Rwanda 1994 : les clefs de compréhension du génocide des Tutsi

Conférence de Jean-Pierre CHRETIEN et Marcel KABANDA organisée par le Maire de Bègles le 4 octobre 2013

D’avril à juillet 1994, est perpétré le troisième génocide du XXe siècle : celui des Tutsi du Rwanda. Selon l’ONU, au moins 800000 personnes y ont trouvé la mort en trois mois. A ce programme d’extermination des Tutsi se sont ajoutés des massacres des Hutu qui s’opposaient à cette horreur.

En même temps qu’il s’apprête à commémorer le 20ème anniversaire de cette crise majeure, le monde s’interroge sur les raisons de la faillite éthique et politique qui l’a rendue possible. Pour nous, il va être aussi l’occasion de nous interroger sur l’attitude de notre pays à cette époque.

Vingt ans après, que savons-nous et comment comprendre une telle logique de mort ? Il ne s’agit pas d’une fatalité ethnographique, mais d’une tragédie de notre temps jouée sur le mode d’un « travail » délibérément organisé par une classe politique suivant des méthodes modernes. Quels calculs et quelle idéologie peuvent expliquer la haine qui a déchiré une vieille nation africaine ? Quelle propagande a pu construire une image du Tutsi, (le voisin, le collègue, le parent même) pour en faire la victime désignée (homme, femme, enfant) des violences les plus atroces et transformer des citoyens ordinaires en meurtriers de la pire espèce ? Autant de questions auxquelles les historiens Marcel Kabanda et Jean-Pierre Chrétien, spécialistes de la région, chercheront à répondre.

 Cette conférence à deux voix ponctuée de pauses littéraires et suivie d’un débat :

  • Le génocide des Tutsi, une logique d’extermination : les faits et les acteurs.
  • Le produit d’une propagande et l’héritage d’une idéologie de races
  • Un projet politique extrémiste : le « Hutu power » et le bouc émissaire tutsi
  • L’inaction internationale : aveuglement ou complicités ? Prolongements négationnistes

Voici l’intervention de Marcel Kabanda : « Le génocide des Tutsi, une logique d’extermination : les faits et les acteurs ».

Au printemps de 1994, après six mois de piétinements dans l’application les accords d’Arusha signés en août 1993 par le gouvernement rwandais et le Front patriotique rwandais et censés reconstruire le pays sur un e base démocratique et sans discriminations, l’espoir de paix paraît très compromis. Les extrémistes voient dans ces accords une trahison inacceptable et le font savoir bruyamment. La communauté internationale s’impatiente. Le 6 avril 1994, le Président Habyarimana meurt dans l’attentat contre son avion.  Aussitôt, des barrières sont érigées dans la capitale, et rapidement aussi partout dans le pays. Le génocide commence, il durera trois mois et fera plus d’un million de morts. Sont visés les Tutsi dans leur ensemble et des Hutu de l’opposition identifiés à des « complices ».

Loin du cliché des atavismes tribaux ou de la sauvagerie naturelle supposée des sociétés africaines, le côté répétitif des massacres et le choix des cibles sont significatifs d’un massacre de masse savamment ordonné. Dans un premier temps, les autorités hutu démocrates (à commence par le Premier ministre Madame Uwilingiyimana) sont exécutées pour faire disparaître tout obstacle sur le chemin du groupe militaire et politique qui prend le pouvoir le 9 avril : sous l’intitule de « gouvernement des sauveurs » se cache à peine une équipe extrémiste. Par ailleurs le meurtre de dix Casques bleus belges entraîne le départ d’une grande partie de la force des Nations unies, la Minuar. Le champ était libre

 

Communiqué de Presse

Demain, 21 décembre 2013, il y aura cinquante ans que les Tutsi du Rwanda ont fait l’objet d’une  première tentative d’extermination.Dans la nuit du 20 au 21 décembre 1963, une bande de quelques réfugiés Tutsi tentent un retour forcé depuis le Burundi. Le lendemain, tous les Tutsi influents de Kigali sont arrêtés et conduits à Ruhengeri où ils sont fusillés le même jour. Partout dans le pays, sous la supervision des cadres du parti PARMEHUTU au pouvoir, les tutsi employés dans l’administration, infirmiers, enseignants ou techniciens agricoles, les prêtres et les paysans en vue y compris, sont brutalement arrêtés, jetés en prison où ils sont battus, torturés, privés d’eau et de nourriture. Nombre d’entre eux sont morts sous la torture ou délibérément exécutés. Les délégués du CICR ont répertorié plusieurs fosses communes dans différentes régions du Rwanda.

Dans la région de Gikongoro, la chasse aux Tutsi est plus systématique. Elle commence le jour de Noël. Leurs habitations sont incendiées, leurs biens sont pillés. Les femmes, les hommes et les enfants sont massacrés à coup de machettes, de lances et de massues, ou jetés dans les rivières. Le bilan du carnage a été estimé à environ 8000 morts. Dans un discours du 11 mars 1964, le Président Kayibanda menace la race Tutsi de disparition.

Emu, le Vatican a qualifié ces tueries d’effroyable manifestation de la haine raciale. Le philosophe et mathématicien et Prix Nobel, Bertrand Russel les qualifia de « massacre d’hommes le plus horrible et le plus systématique auquel il ait été donné d’assister depuis l’extermination des Juifs par les Nazis en Europe. » 

La nature raciste du PARMEHUTU ne faisait plus de doute. Le monde était informé mais décidait de ne pas le condamner pendant qu’il imposait le silence aux victimes à l’intérieur du pays. Le défaut de disqualification de cette idéologie et l’impunité dans laquelle ce courant a baigné, sont responsables de sa prospérité et du génocide des Tutsi en 1994.

Le Gouvernement français a récemment pris des mesures en vue de juger les auteurs du génocide commis en 1994.

Nous demandons un effort au moins comparable pour lutter contre l’ignorance, la banalisation et le négationnisme.

Contact : Marcel Kabanda

Tél : 0634615169

e-mail : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 

 

Inauguration d'une oeuvre de Bruce Clarke en hommage des victimes du génocide

Le 30 novembre 2013 à Bègles a été inaugurée une oeuvre de Bruce Clarke en hommage des victimes du génocide des Tutsi en présence du Député de la Gironde et Maire de Bègles, de l'Ambassadeur du Rwanda en France et de plusieurs invités.

Retrouvez quelques images de la journée , aussi sur le site de notre Cellule locale de Chalette et une petite vidéo


 

Page 23 sur 26